Jazz MAGAZINE-BLOG
Salle des Fêtes de la Mairie de Montreuil, Banlieues Bleues (93), 2 avril.

Das Kapital all gods have children: Hasse Poulsen (g), Daniel Erdman (ts, bs), Edward Perraud (dm).

Dave Douglas & Roy Campbell - Don Cherry Symphony For Improvisers: Dave Douglas, Roy Campbell (tp), JD Allen, Mixashawn (Lee Rozie) (ts), Henry
Grimes, Hilliard Green (b), Hamid Drake, Andrew Cyrille (dm).

Ou deux manières d’assumer, de prolonger et développer ce qu’on serait tenté
d’appeler un héritage. Et du même coup resurgit la distinction qu’on croyait
obsolète entre la forme et le fond, la lettre et l’esprit. Au sortir de ce
double concert diversement décibelliqueux, conclu en fanfare – on veut dire
avec force trompettes et tambours (clin d’œil supplémentaire du côté de
l’histoire : l’exacte reproduction, pour la seconde partie, de la
distribution instrumentale du double quartette du Free Jazz d’Ornette
Coleman, à quoi avait participé Don Cherry) – comme un sentiment à la fois
de manque et de trop-plein. Sans parler de l’affirmation par Dave Douglas,
lors de sa présentation, que depuis 1966 cette symphonie pour improvisateurs
n’avait plus jamais été jouée, alors qu’à son retour de New York Don Cherry
avait explicitement intégré à son répertoire des thèmes de cette suite… Mais
se pose surtout la question des relectures, remakes (qui préfère aller voir
le “nouveau” 3 heures dix pour Yuma plutôt que revoir, ou découvrir – il
n’est jamais trop tard… – l’œuvre princeps de Delmar Daves ?) et autres
entreprises résurrectionnistes. Comme souvent l’on est confronté à une
interprétation plus léchée, quasi parfaite, du texte original, qui, même
dans ses moments d’effervescence, n’échappe guère à la notion de répertoire,
et donc fige, muséographie, ce qui s’était imposé comme une épiphanie
nullement duplicable. D’où, entrecoupé-scandé par les gaies bouffées
mélodiques créées jadis par Cherry et jouées ici avec une talentueuse
ferveur (la complémentarité des deux virtuosités trompettistiques – superbe
ductilité de Douglas et vivacité plus “rentrée” de Campbell – était de ce
point de vue impressionnante), un chapelet de solos d’intensités diverses
qui n’était pas sans rappeler le déroulement très classique de concerts de
jazz d’hier, voire d’avant-hier. Alors que cette entreprise, a priori
louable et (sur le papier et l’affiche) excitante, avait été précédée par
une réelle manifestation-explosion placée sous le signe d’une liberté
toujours à inventer, comme une autre idée du “free jazz”, soucieuse moins de
respectabilité que de contrastes et d’ouverture au hasard. Ou comment tout
oublier pour mieux se souvenir !

C’est que l’exceptionnelle diversité sonore revendiquée par le trio Poulsen-Erdman-Perraud, annoncée par le nom hétéroglotte du groupe (Das Kapital all gods have children, qui rappelle àla fois le All god’s children got rhythm du Polonais Bronislaw Kaper et le film Der Leone have sept cabeças du Brésilien Glauber Rocha) et inaugurée sur le mode paroxystique, probablement séduisant et/ou repoussant selon les auditeurs, allait se décliner, en un concert non-stop, comme une formidable séquence d’action playing (comme on disait action painting) sollicitant
toutes les ressources et périphéries instrumentales, de jeux de violences
extrêmes à des douceurs presque infinitésimales, des fondamentaux des trois
instruments à des ailleurs et périphéries superbement et subtilement
sculptés. Que cette course à couper le souffle suscite un “bis” en forme de
pertinente Internationale joliment déglinguée-actualisée ne devait pas être
le moindre bonheur de cette soirée. (A entendre les plus attentifs
spectateurs, qui avaient assisté à d’autres apparitions de Poulsen et ses
compagnons, le formidable atout d’un tel trio pourrait bien être son pari
sur le hasard et l’accident, parfaite illustration que « l’imprévu est la
seule certitude ». Qui s’en plaindra ?)

Philippe Carles


 
 

foto: Madli-Liis Parts/Äripäev


Das Kapital hyväksikäytti tietysti myös Kansainvälistä. Kuva: Sanna Heikintalo

Ultra Music Night tarjosi perjantaina ”kummallisten” triojen paketin. Illasta muodostui huikea, avantgardistinen mutta pelimannihenkinen elämyspaketti täynnä kokeiluntäyteistä improvisointia. Illan aikana esiintyi kolme trioa, joiden äänimaisemat poikkesivat virkistävästi toisistaan.
 Saksalais-tanskalais-ranskalaisen Das Kapital -yhtyeen värikäs ääniperformanssi ilmensi reippaan kollektiivisuuden hallintaa. Hasse Poulsen käsitteli akustista kitaraansa erikoisilla tavoilla. Hetkittäin kitara oli kuin sello, jousisoitin ja väärinpäin sylissä. Pian se muuntui sähköiseksi heavy-instrumentiksi ja musiikki sen mukaiseksi revittelyksi. Jimi Hendrixkin olisi ollut otettu. Free-asennetta irtosi pelimannihenkisesti tyylitellystä Kansainvälinen-marssista. Se sopinee vaikkapa Ultran monikansallisten kokoonpanojen symboliksi.

Vastapainona kosketinsoittaja Kari Ikosen, kitaristi Esa Onttosen ja rumpali Mika Kallion muodostama Gnomus tarjosi hienostuneen elektronisen hetken. Trion äänimassa oli tasainen kuin Etelä-Pohjanmaan lakeudet. Maisemaa muokkasi Kallion vivahteikas rumputyö.
 Herättely lankesi ranskalaiskokoonpano Melosolexin tehtäväksi. Rumpujen takana työskentelevä Denis Charolles on lavaa hallitseva luontainen viihdyttäjä, joka ymmärtää erikoisen ja viihdyttävän trionsa – Vincent Peirrani harmonikassa ja Fred Gastard saksofoneissa – voiman.
 Pasunisti Jari Hongistolla on on ilmiömäinen kyky ”vaihtua toiseksi”, kun hän hyppää uuteen kokoonpanoon. Hän soitti pari numeroa Melosolexissa ja soitti värikkään setin Das Kapitalin kanssa.

Marita Nyrhinen


En dansk guitarist, en tysk saxofonist og en fransk trommeslager opfinder en avantgardemusik som beslutsomt går i Historiens retning, overbeviste internationalister  (“improvsiatorer I alle lande forén eder”) totalt apatride og resolut universelle. På en rodfæstet materialistisk maner (der kan føre til en slags kreativ selvkritik) langt fra militante ghettoer skaber de et veritabelt manifest, hvor groove og swing er meget present på denne CD der udvikler en fin dialektik mellem akustiske og elektriske metoder, som på samme tid er meget kontrollerede og frivilligt sønderrevne, hvor man finder nogle noicy-afarter, som, lad os  håbe det, ikke fører dem manu militari til et slags Siberisk Gulag.